Un burger à Reykjavík peut coûter le prix d’un menu étoilé à Paris. À peine franchie la porte d’un restaurant islandais, le portefeuille frémit : ici, le saumon n’est pas un luxe, c’est le café qui fait grimacer les visiteurs.
Entre les étals de poisson fumant et les tables où s’attardent quelques locaux, la question surgit : combien faut-il vraiment prévoir pour un simple dîner ? Voyager au pays des volcans, c’est aussi accepter que l’addition, elle, ne refroidit jamais.
Pourquoi le dîner en Islande pèse-t-il autant sur le budget ? Décryptage local
Sur place, le coût de la vie dépasse largement celui de la France, affichant 30 à 43 % de plus en moyenne. À Reykjavík, l’addition grimpe vite, et la Norvège ou la Suisse ne font pas mieux. La couronne islandaise (ISK) s’impose avec son taux de change instable, entre 140 et 151 ISK pour 1 euro ces dernières saisons, et cette variation ne favorise pas l’étranger. Résultat : chaque conversion rappelle que le budget voyage ne tarde pas à flamber.
La géographie de l’île complique les choses. Les hivers s’étirent, la lumière manque, alors la majorité des aliments arrive de loin. Cette logistique, coûteuse et complexe, fait grimper les prix. Et pour les boissons alcoolisées, l’État ne fait aucun cadeau : les taxes sont partout. Ici, boire une bière relève presque du luxe, bien loin de la pinte accessible ailleurs en Europe.
La structure du marché local n’apporte que peu de répit. Peu de concurrence, salaires élevés, charges sociales lourdes : tout finit sur la note. À Reykjavík, le service est sans faille, la qualité suit, mais cela a un coût, impossible à ignorer. Même pour remplir un panier de courses, seuls quelques supermarchés, Bonus, Krónan, tirent leur épingle du jeu avec des tarifs un peu plus abordables. Pour le voyageur qui veut profiter sans restriction, chaque repas compte double.
À quoi s’attendre côté tarifs dans les restaurants islandais ?
À Reykjavík comme ailleurs sur l’île, dîner au restaurant met le compte en banque à l’épreuve. Le niveau de vie élevé, les salaires islandais et le prix de la main-d’œuvre se répercutent sur chaque addition. En pratique, un repas standard dans un restaurant coûte entre 25 et 55 € par personne. Pour s’offrir un menu en trois temps ou pousser la porte d’un établissement réputé, la facture grimpe entre 90 et 170 €.
À la carte, les spécialités locales sont à l’honneur : agneau (environ 30 €), soupe de poisson, skyr. Pour ceux qui préfèrent rester en terrain connu, burger ou pizza s’affichent de 22 à 30 €. Même les fast-foods proposent des menus autour de 17 à 20 €. Difficile, dans ces conditions, de ménager son portefeuille.
Pour plus de clarté, voici des exemples de prix courants sur place :
- Un plat principal dans un restaurant classique : 4000 ISK (31,61 €)
- Une pinte de bière locale : 1000 ISK (7,90 €)
- Une bouteille d’eau : 300 ISK (2,37 €)
- Un café au lait : 400 ISK (3,16 €)
Les boissons alcoolisées affichent des tarifs qui laissent songeur : une bière pression dépasse souvent les 9 €, le verre de vin s’envole au-dessus des 10 €. Même l’eau minérale, bien souvent importée, approche les 2,40 €. Sur tout le territoire, ces prix s’imposent, sans vraie différence d’une ville à l’autre.
Comment limiter la casse ? Solutions concrètes pour manger en Islande sans exploser le budget
Pour qui veut préserver sa cagnotte, la cuisine maison devient vite la règle. Les supermarchés Bonus et Krónan restent les rares endroits où les prix ne font pas grimacer. Miser sur les aliments locaux, skyr, poisson fumé, légumes de saison, permet d’imaginer des repas simples, nourrissants et typiques, sans faire exploser l’addition.
Louer un campervan ou choisir un hébergement avec cuisine s’avère une stratégie payante : préparer soi-même ses repas, c’est la garantie de rester dans les clous côté dépenses. Sur les routes, quelques snacks ou stations-service proposent des soupes du jour ou des hot-dogs autour de 5 à 7 €, une pause rapide et abordable qui séduit les voyageurs aguerris.
Quelques réflexes permettent d’économiser sans sacrifier le plaisir :
- Préférer les menus du midi, souvent mieux placés que ceux du soir.
- Opter pour un pique-nique et profiter de l’eau locale, potable et gratuite.
- Mettre de côté les boissons alcoolisées, qui font grimper la note plus vite qu’on ne le pense.
Côté paiement, pas de piège : les cartes bancaires internationales passent partout, et même les petits villages disposent de distributeurs. Pour alléger les frais bancaires, mieux vaut retirer une somme conséquente d’un coup, car chaque opération est taxée. À Reykjavík, certains restaurants acceptent l’euro, mais le rendu se fait invariablement en couronnes islandaises (ISK).
Un dîner en Islande, c’est aussi l’art de jongler entre plaisir gustatif et vigilance sur l’addition, tout en gardant un œil sur ces paysages bruts que rien ne semble affecter.


